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PK12 / FLY-OVER : où seront replacés les commerçants ? Entre promesses officielles et doutes persistants

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La mairie de Libreville a lancé, ce 9 décembre 2025, l’opération de déguerpissement des commerçants et des habitations situés le long de la voie du PK12. Une intervention présentée comme indispensable pour permettre l’avancée du projet FLY-OVER, un échangeur surélevé censé transformer la circulation dans cette zone congestionnée. Mais sur place, les assurances des autorités peinent à dissiper les inquiétudes, les commerçants veulent savoir où, concrètement, ils seront relocalisés.

Le FLY-OVER du PK12 fait partie des investissements prioritaires visant à moderniser les infrastructures routières et à réduire durablement les embouteillages. Selon les premières estimations, le chantier devrait s’étendre sur plusieurs mois et nécessiter une réorganisation complète du trafic. Mais si les objectifs urbains sont clairs, le sort des activités économiques du secteur l’est beaucoup moins.

D’après la mairie, une campagne de sensibilisation aurait été menée auprès des commerçants, et plusieurs mesures d’accompagnement sont prévues :

– un site en cours d’aménagement au PK13,

– des espaces disponibles dans le marché du PK11,

– un accueil temporaire possible à Oloumi, en attendant la construction d’un nouveau marché.

« Notre priorité est de reloger tous les commerçants dans des espaces organisés, sécurisés et adaptés à leurs besoins. Personne ne sera abandonné. », soulignent les autorités.

Des commerçants dubitatifs et mal informés

Pourtant, sur le terrain, le scepticisme domine. Beaucoup assurent ne jamais avoir vu ces fameux sites de relogement. « On nous parle du PK13, mais aucun responsable ne nous a montré ce lieu. Comment partir sans savoir où l’on va travailler ? », s’indigne Marlène, commerçante depuis plus de dix ans au PK12.

Au marché du PK11, présenté comme une solution provisoire, la réaction est tout aussi sceptique. « Ici, il n’y a déjà plus de place pour nous-mêmes. On envoie tout le monde ici. Ajouter les commerçants du PK12, c’est impossible. Les étals sont pleins, les allées seront bientôt saturées. » explique une vendeuse.

Même son de cloche à Oloumi, où la perspective d’un relogement « temporaire » inquiète. « On sait comment ça se passe : le temporaire devient définitif, et après on nous oublie. Nous avons des enfants, des charges. Ce n’est pas un jeu. » témoigne Clarisse, vendeuse de friperie.

Un impact social sous-estimé

Selon plusieurs associations locales, plus de 300 petits commerçants seraient concernés par le déguerpissement. La majorité sont des femmes cheffes de famille vivant au jour le jour de cette activité informelle. La perte d’un emplacement, même provisoire, pourrait fragiliser des familles déjà économiquement vulnérables. « On n’est pas contre les travaux, mais qu’on nous respecte. On veut juste un endroit sûr pour continuer à travailler. » souligne un autre commerçant.

Une opération nécessaire, mais mal préparée ?

Si le projet FLY-OVER est largement reconnu comme nécessaire pour moderniser la capitale, la méthode interroge. Sans calendrier précis de mise en service du site du PK13, ni garantie réelle de capacité d’accueil des marchés alternatifs, le doute subsiste. Pour l’heure, la mairie de Libreville maintient son appel à rejoindre les espaces réservés. Mais les commerçants, eux, réclament plus que des mots : ils attendent des preuves concrètes, des visites de terrain, et surtout un accompagnement digne de ce nom.

 

Michael MENGOUE

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