
Après plusieurs semaines de tensions entre le gouvernement et les enseignants de l’Éducation nationale, une accalmie semble se dessiner. Les récentes annonces des autorités gabonaises, portées par la ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, Camelia Ntoutoume Leclercq, visent à répondre aux principales revendications du corps enseignant. Mais suffiront-elles à mettre un terme définitif au mouvement de grève ?
Face à la grogne persistante des enseignants, le gouvernement a dévoilé une série de mesures destinées à restaurer la confiance et à améliorer concrètement les conditions de travail et de rémunération dans le secteur.
Parmi ces décisions figurent notamment le paiement partiel des vacations et des examens de la session 2025, pour un montant de 2 milliards 700 millions de francs CFA, l’octroi de 300 nouveaux postes budgétaires au profit des enseignants, ainsi que la régularisation de 3 000 situations administratives jusque-là en suspens.
À ces mesures s’ajoutent la reprise du dialogue social inclusif avec l’ensemble des partenaires sociaux et l’ouverture des travaux de la commission interministérielle tripartite, censée permettre un suivi concerté et structuré des réformes à engager dans le secteur.
Pour les autorités, ces décisions traduisent une volonté claire de reprendre en main un système éducatif fragilisé par des années de dysfonctionnements administratifs, de retards de paiement et de frustrations accumulées.
Sur le terrain, toutefois, les réactions restent contrastées. Si certains enseignants se disent prêts à reprendre les cours, saluant un « signal politique fort », d’autres demeurent prudents, voire sceptiques. « Nous avons entendu beaucoup d’annonces par le passé. Ce que nous attendons aujourd’hui, ce sont des actes », confie un enseignant du secondaire à Libreville.
Cette méfiance s’explique par l’écart souvent observé entre les promesses gouvernementales et leur mise en œuvre effective. Pour une partie du corps enseignant, la levée de la grève ne pourra intervenir qu’après la matérialisation concrète des engagements pris, notamment le paiement réel des sommes annoncées et la régularisation administrative effective.
La question n’est donc pas tant de savoir si les annonces sont pertinentes, elles le sont mais, si elles seront suivies d’effets rapides et vérifiables. C’est à cette condition seulement que la confiance pourra être restaurée durablement et que le mouvement de grève pourra s’éteindre.
Michael MENGOUE

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